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bobinejpJean Pierre Larroche a créé la compagnie
Les ateliers du spectacle en 1988

il a réalisé récemment les spectacles

Le présent c’est l’accident

Tremblez, machines !
et
Animal épique

et prépare les prochaines
Pièces sonnantes et trébuchantes

il est scénographe et travaille
de temps en temps sur les réalisations
d’autres metteurs en scène
ou chorégraphes

il mène parfois des ateliers dans des écoles
d’art ou en millieu scolaire

il pratique
d’autres activités intéressantes
comme :
un cabinet de curiosités
une conférence
sur le langage
des animaux
ou,
avec les n+1,
un imprécis de vocabulaire mathématique
des impromptus scientifiques

il a réalisé un spectacle de théâtre musical à Neuchâtel en Suisse d’après
La Création du Monde
de Darius Milhaud
Matières d’espaces

il a transformé un village de Corrèze
en musée éphémère durant l’été 2019
Les Mystères de Saint Pardoux

il est un peu aussi
dessinateur, illustrateur
fabriquant d’objets et installations

il est enseignant
à L’École nationale supérieure
des Arts décoratifs à Paris

il est aussi architecte et construit
des cabanes

Calendrier

avenir

passé

Qu’est-ce qu’on peut voir dans tes spectacles ?
On peut voir des acteurs en chair et en os et des acteurs sans chair ni os ni âme (des objets, des dispositifs, des machines…). On peut voir par exemple quelqu’un écrire une phrase ou tracer des figures sur un grand tableau noir, une tortue traverser la scène, une table s’agenouiller ou trembler, un magnétophone dévider sa bande magnétique, une corneille automate, un homme qui se représente avec deux grands pinceaux, des assiettes qui se cassent, des marionnettes qui jouent la Mort…

Pourquoi choisis-tu de renverser les causes et les effets ?
La scène de théâtre me donne l’occasion de pouvoir le faire sans trop de dégâts. C’est une chance que je ne peux pas laisser passer.

Que penses-tu des fantômes ?
Il y en a. Ou pas. Quoi qu’il en soit, j’aime tellement les activer et les faire passer au travers des murs de la scène.

As-tu des relations avec plusieurs partenaires ?

Pourquoi les ateliers du spectacle ?
Le premier spectacle de la compagnie – Le Rébus Malheureux – a été créé en 1988 dans un atelier de construction de décors de spectacles (que j’animais avec Christian Narcy et Daniel Michel ). Cet atelier, qui portait également le nom Les Ateliers du Spectacle, est toujours en activité à Aubervilliers et accompagne la compagnie par son soutien à la réalisation. (www.ateliers-du-spectacle.com)

Combien de temps cela te prend-t-il de fabriquer tes spectacles ?
Deux ans, trois ans… Je fais maintenant des pièces très courtes qui devraient, c’est bien, prendre moins de temps de fabrication.

Préfères-tu parler de théâtre d’objets ou d’objets du théâtre ?
Le théâtre d’objets… C’est un théâtre qui joue avec des objets seulement ? Des objets surtout ? Je ne sais pas quoi en penser.

Et de l’objet du théâtre non plus, je ne sais qu’en dire au singulier… Hmmm… Au pluriel peut-être ?

(Bien que je ne sache pas y répondre j’aime beaucoup la forme de cette question.)

Ne penses-tu pas qu’il est temps d’en finir avec le théâtre de bouts de ficelles ?
Oui.

(et Non, aussi. Parce que des bouts de ficelles font parfois de jolis mécanismes.)

Par extension, te considères-tu comme un bricoleur ?
Comment éviter l’académisme du bricolage et du bout de ficelle ?

Y a-t-il des personnages dans tes spectacles ?
En voici quelques uns : la Tortue, l’Endormie,  Sainte Prolixe (céphalophore), la Table, l’Orge, l’Égaré, l’Échelle, le Chasseur, le Cerf, l’Homme à distance…

Chez toi, qui répond au téléphone ?

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(les questions qui suivent ont été posées à Jean Pierre par la journaliste Naly Gérard)

Dans ton théâtre il y a des dispositifs visuels très différents : des agencements mécaniques, des cabanes, des mots inscrits sur des panneaux, des marionnettes à gaine et des dessins, des automates, des moulages de parties du corps, quelques objets trouvés… Pourquoi choisir des formes aussi diverses ?

Je pourrais presque dire qu’elles se choisissent toutes seules. Je dispose dans chacune de mes réalisations de figures comme par exemple une table, un égaré, des jumelles, un endormi, un escargot et de motifs comme par exemple une sorte d’écroulement, un écoulement, l’autoportrait. Les formes que prennent ces figures et motifs ne les précèdent pas, elles les suivent dans leur combinaisons et confrontations et prennent l’allure d’un disparate.

La dramaturgie de tes spectacles ne s’adosse pas à des récits mais plutôt à des évènements concrets. Peut-on parler d’un théâtre de phénomènes ?

Il y a parfois des bribes de récits… Mais je ne sais pas raconter des histoires avec personnages. Oui, j’essaie de raconter des histoires de phénomènes, en les observant comme le naturaliste, en les découpant et les expérimentant. Mais entendons bien : nous les inventons, ils sont bien réels mais nous usons de stratagèmes pour les détourner de leurs chemins habituels, nous les tirons jusqu’à leurs retranchements, c’est du trafic, c’est un jeu.

Tu dis vouloir suivre des aventures pour le regard, qu’est-ce que cela signifie ?

Mes spectacles ont presque toujours occupé l’espace frontal de théâtres à l‘italienne. Devant cette scène en forme de boîte le regard du spectateur fait ce qu’il veut dans les limites d’une direction et d’un cadre imposés mais son corps demeure immobile ; c’est pour lui une expérience bien singulière parce que dans la vie (en dehors des écrans) notre regard circule toujours avec notre corps. Cette scène possède sous sa simple ordonnance un appareillage particulier pour composer avec ce qui est donné à voir et ce qui s’y cache, avec les cadres, les champs et les hors champs. Là peut commencer l’aventure du regard qui circule dans toutes ces régions du visible et de l’invisible, qui invente ce qu’il devine, construit sa vision.

En vérité, il se passe peu de choses pour les yeux du spectateur dans un théâtre en comparaison avec la vie courante. Ce peu est une occasion, il rend le regard pointu et nous pouvons lui faire prendre des chemins inédits, aventureux. Je rêve mon théâtre comme une scène de plaisirs optiques.

Tu parles souvent d’accidents…

Puisqu’il ne se passe pas grand chose sur un plateau de théâtre il me semble que le regard du spectateur est souvent légèrement en avance sur les évènements comme s’il les attendait. J’aime jouer de cette attente, l’emplifier et la contenter ou la prendre de court, aménager la surprise et la catastrophe. C’est un jeu de complicité.

Cela a-t-il à voir avec l’étonnement ?

Pas exactement. La surprise qui nous intéresse travaille avec le temps (entre avant et après) et la durée.

Quelque chose (avec la surprise) arrive dans une région de moi où je ne suis pas. Ce qui agit si fort en nous, ce n’est point l’événement en soi (quel qu’il soit), c’est, par exemple, l’écroulement de constructions plus ou moins cachées, les Attentes déçues ou rompues. C’est Paul Valéry qui le dit ; nous le suivons en nous moquant des temps établis, avec nos trafics de détournements et falsifications.

Nous voyons régulièrement des pinceaux au travail dans tes spectacles…

… pour tracer de multiples façons, fabriquer des images, poser des signes (parfois des mots). C’est une façon d’agir sur scène ; façon de dire sans prendre la parole.

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