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les n+1 ont fait
6 spectacles
19 impromptus scientifiques
et plusieurs campements scientifiques

ils sont
en résidence
dans des villes et des théâtres

ils mènent
des ateliers
avec des collégiens et des lycéens

ils pratiquent
d’autres activités intéressantes
comme un jeu de plateau ou des films courts

Le groupe n+1 est constitué d’un noyau quelconque d’individus, auquel s’ajoute une variable n+1 de collaborateurs particuliers. Ceux-ci peuvent être chercheurs, mathématiciens, neuroscientifiques, puisque le groupe n+1 cultive dans ses spectacles un goût certain pour la science, ses personnes et ses objets. Ce sont aussi tous ceux que les n+1 rencontrent dans les différents lieux où ils travaillent : écoles, collèges, lycées, théâtres. Ce sont enfin leurs camarades qui participent à la réalisation pratique de leurs spectacles, qui mettent en lumière, mettent en scène, composent la musique, fabriquent les décors.

En partant des recherches de Clémence Gandillot, en travaillant dans les spectacles de Jean-Pierre Larroche, en imaginant des exercices de mathématiques, en s’interrogeant sur les sens du mot « chose », en cherchant la différence qui existe entre une chose et une chaise, en résolvant des problèmes aussi simples que le nombre total des choses ou l’optimisation sous contrainte, en tentant de représenter sur scène l’espace qu’on a dans la tête, en espérant obtenir un jour l’autorisation de bivouaquer dans la salle Pi du Palais de la Découverte, en rêvant d’un campement mathématiques, en interviewant des mathématiciens et en inventant d’autres, en enregistrant leurs conversations secrètes, en les retransmettant à travers des câbles et des écrans, en projetant leurs visages sur des murs, en construisant des tableaux noirs, en remplissant ces tableaux noirs de formules possiblement infinies, en rassemblant tous les éléments de cette équation dans des salles remplies de signes, plusieurs jeunes gens se sont progressivement constitués en groupe de théâtre au sein de la compagnie les ateliers du spectacle, le groupe n+1.

Les spectacles des n+1

Les spectacles du groupe n+1 utilisent des moyens scéniques divers mais néanmoins précis, qui vont de la manipulation d’objets à la vidéoconférence en direct, en passant par l’incarnation plus classique de personnages. L’école du risque a été créée en 2019. Nil actum en 2017. Le t de n-1, L’apéro mathématiques, Fromage de tête en 2010, 2012 et 2013. Le t-gricole a été créé en 2011.

Les n+1 en résidence

Les n+1 fabriquent et jouent leurs spectacles comme d’autres font du camping. Ils s’installent dans un endroit inconnu et organisent l’espace en fonction du terrain. À ce titre, ils travaillent en relation étroite avec des théâtres et structures culturelles, mais aussi des collectivités territoriales, des centres de recherche, des établissements scolaires, des associations de quartier… Les rencontres forment le tissu premier avec lequel les n+1 confectionnent leurs productions.

Ils ont bâti des partenariats sur plusieurs saisons avec la ville des Mureaux, la ville des Lilas, Athénor scène nomade de Nantes et Saint-Nazaire, le Théâtre de l’Agora à Evry, le Vélo théâtre à Apt, l’Atelier arts-sciences à Grenoble et l’Hexagone, scène nationale arts sciences à Meylan, le TJP à Strasbourg et Anis Gras – le lieu de l’autre à Arcueil.

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Les n+1 en atelier

Les membres des n+1 animent toute l’année des ateliers, à l’école et ailleurs. Chaque atelier met en œuvre des pratiques qui vont de l’écriture de textes à la réalisation de petites scènes spectaculaires, en passant par l’invention de dispositifs mêlant théâtre et arts plastiques.

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D’autres activités intéressantes

La grande vitrine de Noël
Les impromptus scientifiques
Le jeu de l'action et de l'énergie
les petits contes mathématiques

Les n+1 s’exercent régulièrement à fabriquer des objets à la périphérie de leurs préoccupations strictement théâtrales. Ce sont des conférences spectaculaires (les impromptus scientifiques) et un jeu de plateau (le jeu changer le monde), une série de films courts (les petits contes mathématiques, le mur des chercheurs du Palais de la Découverte) et des installations (la grande vitrine de Noël), jusqu’à un répertoire d’adjectifs (l’imprécis de vocabulaire mathématique) et une technique divinatoire (le jeu des principes d’action).

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Les n+1

Calendrier

avenir

passé

quoi encore sur les n+1 ?

Les campements scientifiques

par exemple :

Les campements scientifiques sont des événements spectaculaires à l’échelle d’un théâtre, d’une université, d’une ville. Ils mettent en scène la recherche scientifique, et la recherche en général : celle du groupe n+1 au travers de ses spectacles, celle de chercheurs invités ou rencontrés sur place, celles d’autres artistes / chercheurs, celle du public enfin, avec lequel le campement se construit en amont de son installation.

Des campements scientifiques ont eu lieu aux Mureaux, à Apt avec le Vélo Théâtre, à l’Université de Nantes avec le Théâtre Athénor, et sous des formes plus concentrées, au TJP à Strasbourg, à la Scène Nationale de l’Essonne Agora-Desnos, au Théâtre de l’Espace à Besançon, au Théâtre de la Cité internationale à Paris.

Les spectacles

Du t de n-1 à Nil actum, les spectacles du groupe n+1 tâchent de représenter, sur un plateau, le mouvement de la recherche. Ce mouvement étant en partie une affaire intérieure, les spectacles suivent ainsi le fil d’une question de départ : si on pouvait mettre les pieds dans la tête, à quoi cela pourrait ressembler ? En pratique, les n+1 ont travaillé avec des scientifiques, mathématiciens, neuroscientifiques, informaticiens, en organisant dans leurs laboratoires des “bivouacs”, temps d’écriture et de recherche en commun. C’est dans les bivouacs que la matière des spectacles se travaille et s’invente.

Les impromptus scientifiques

Parce qu’il ne suffisait plus de voler des idées aux chercheurs pour fabriquer des spectacles, les n+1 leur ont proposé de se mettre à leur service, en inventant avec eux les impromptus scientifiques.
Les impromptus scientifiques sont des discours spectaculaires qui mettent en scène un chercheur et ses travaux sérieux, que les n+1 dérèglent joyeusement. Les premiers impromptus ont été créés pour le campement au Vélo Théâtre en 2014. Chaque campement est l’occasion de nouveaux impromptus.

Les autres formes

Certaines des formes présentées dans un campement s’imaginent sur place, en fonction du terrain et de ses acteurs. Il peut s’agir d’une ouverture spectaculaire et d’un parcours dans la ville, comme au Vélo Théâtre en 2014, de débats et de rencontres avec les chercheurs comme à Nantes en 2017, d’expéditions scientifiques comme celles qui se préparent pour le prochain campement au Vélo Théâtre en octobre 2019.

4 n+1

Comment en êtes-vous arrivé aux n+1?
clemence                                baltha                                mic                                leo

Ma rencontre avec les choses remonte à plusieurs années. En 2004, j’écrivais « Chose, mémoire », mon mémoire de fin d’études aux Arts Déco Paris dont la soutenance pris la forme d’une représentation et me valut une mention très bien.
Là, j’allais voir le spectacle À Distances de Jean-Pierre Larroche, dans lequel étaient cités des fragments des Cahiers de Paul Valery. En les consultant, je tombais sur un croquis du triangle ABC suivi d’un petit commentaire philosophique à propos du Temps. Me tombait du ciel le projet suivant : écrire un texte pour mettre en scène le programme de mathématiques des troisièmes !
Pour ce faire, je partis à la conquête de l’espace et du temps : 3 mois sur une île. S’ensuivit De l’origine des mathématiques, un livre illustré paru aux éditions MeMo.

Je fis la connaissance des membres de la compagnie Les ateliers du spectacle, lors de la création de Promenade de tête perdue en résidence au Portugal. De retour sur notre sol français, Jean-Pierre Larroche me proposa de l’assister dans son travail de scénographe. Tel un électron libre à la recherche d’associés, je lui montrai mon affaire de mathématiques, on dit alors qu’il a « joué les vecteurs » en pointant du doigt Balthazar Daninos et Mickaël Chouquet, deux membres actifs de la compagnie.
Depuis, nous avons créé le spectacle le t de n+1 dans les bois d’Augerville-la-Rivière, où nous a accueilli la compagnie.

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À chaque fois, il y a une forte intuition. Ou plutôt qu’une intuition, une envie. Celle qui fait qu’on se sent bien en vie le matin. Une envie derrière laquelle se cachent des questions. Les bonnes questions sont celles qui contiennent la possibilité de beaucoup d’autres questions. Les mauvaises trouvent une réponse et meurent.
Et bien sur il y a le doute qui, chaque jour, remet en question le tout de la veille.

Après avoir achevé une maîtrise de mathématiques pures et dans ce cadre, un mémoire sur la topologie du nœud de trèfle, et tandis que je commençais une aventure théâtrale singulière avec Les ateliers du spectacle, je me doutais bien qu’un jour les mathématiques referaient surface.
Et c’est Clémence Gandillot, bien plus tôt que je ne l’aurais imaginé, qui fit surface avec sous le bras une maquette de son futur livre De l’origine des mathématiques et un nombre incalculable de cahiers de brouillons. Elle était à la recherche d’autres points, comme elle disait, pour, avec elle, tracer des lignes et mettre en scène le programme de mathématiques des troisièmes !
En se penchant sur ses travaux, j’ai été d’abord séduit et intrigué par cette tentative osée et tout-à-fait personnelle d’expliquer le monde. Sa démarche faisait écho à un sentiment fort, lié à la pratique des mathématiques, qui était le plaisir de pouvoir s’autoriser, soi-même, de répondre à une question. Il ne s’agit pas d’appliquer un protocole que l’on aurait appris, mais de s’approprier un problème, et de lui inventer une solution.

Bien décidé a tracer des figures géométriques avec Clémence et le groupe des « n+1 » deux intuitions se sont vite imposées : premièrement Clémence elle-même est le matériau de ce projet et deuxièmement, il ne s’agit pas de mettre en scène les résultats de ses recherches mais plutôt sa méthode, sa démarche et d’arriver à réenclencher ses enjeux pour les mettre en jeu sur la scène.

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Au cours de notre travail, nous avons réalisé que le questionnement de Clémence appelait de nouvelles questions sans réponses. Tandis qu’elle avait déjà entrepris de comprendre le monde des choses qui nous entourent, en utilisant la logique et les outils mathématiques et puis tenté de comprendre les mathématiques elles mêmes – comment l’homme a t-il pu inventer une chose pareille ? -,  ses raisonnements, à plusieurs  reprises, comme par l’effet d’une force centrifuge, reconduisaient à une même question sous-jacente : au fond, comment ça marche dans la tête?

Et donc, ensemble, nous nous sommes saisis de cette nouvelle question pour « avancer dans le compliqué, mais simplement ».

En 2001, parallèlement à ma pratique de comédien, je butais sur une maîtrise d’études théâtrales. Le sujet était né d’un atelier avec Patrick Haggiag : « L’acteur, un animal autobiographique ».

Déjà, il s’agissait de trouver ma médote, de singulariser mon rapport au travail, de discerner l’activité d’auteur dans le travail d’interprétation.

En 2003, je commence à travailler avec Jean-Pierre Larroche et me familiarise petit à petit avec son langage de choses et de mots.

En 2006, je rencontre Clémence Gandillot, ses livres et ses cahiers, une poésie « d’aplomb et d’innocence » qui tente de se confronter au tout du monde. J’y trouve une folie rigoureuse, une subjectivité maximale dans sa démarche.

En 2009 c’est toujours ce même « espace » qui m’intéresse et le courage qu’il faut pour y répondre : comment ça (je) pense, comment ça (je) sent (sens) ?

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Sur scène, il y a trois personnes en prise directe avec leur pensée qui se matérialise autour d’eux. Tout joue : leur mémoire, leur intuition, leur imagination, leur avenir, leur inconscient…
C’est de la science fiction en quelque sorte; imaginez que l’on puisse avoir accès concrètement à ce territoire de l’intérieur de quelqu’un. Et si ce qui se trame là dedans pouvait se voir, s’entendre…
L’espace recèle à chaque instant les faits, ou tout du moins les indices de cette vie intérieure.
Ensuite, l’énigme reste entière. On essaye juste de bien l’éclairer.

Je vous le dirai bientôt…

De l’origine + Chose

De l’origine des mathématiques et Chose sont deux livres de Clémence Gandillot.

delorigine

Ils sont publiés aux éditions MeMo.

Ils constituent le terreau fondateur du groupe n+1, rien de moins.

Paroles

“Si je marche d’abord droit, de A en B. Si là, je fais brusquement par le flanc droit. Il y a discontinuité apparente en B, mais tandis que j’allais vers B, quelqu’un en moi pense à C et s’incarne brusquement lorsque je suis en B. Il n’y a discontinuité que par cette incarnation, car ce quelqu’un n’allait pas de A en B.”

Paul Valéry, Cahiers

“La ligne droite est le plus long chemin d’un point à un autre.
Le point est la plus courte distance possible entre deux lignes.
Deux lignes qui se rencontrent se rencontrent toujours au même endroit.”

Géométrie Shadok

“La bêtise est un art que je me délecte de pratiquer et, sous son aile, j’ose le pire.”

Clémence Gandillot,  Chose Mémoire

“La lourdeur et l’ennui sont la marque des conseillers qui orientent ma vie, les seuls que j’écoute. Peu bavards, ils m’indiquent uniquement là où je dois m’abstenir, pour le reste ils se taisent. Leurs raisons me sont impénétrables et je me contente de les suivre. Je les aime bien mes conseillers paresseux, celui qui alourdit et celui qui ennuie, je ne fais des choses qu’en leur absence. Dès qu’il reviennent, j’arrête tout, je m’allonge sur le lit et nous fumons une cigarette, à trois.”

Christian Bobin, L’autoportrait au radiateur

“La sensation ne loge pas dans notre cerveau mais à l’endroit même où nous voyons la fenêtre, un nuage, un arbre.”

Walter Benjamin, Sens unique

“Les souvenirs ne sont pas la somme de ce que quelqu’un a fait, mais bien plus de ce qu’elle a pensé, de ce qu’on lui a dit, ou de ce qu’elle croit.”

Madame Loftus, Le Monde, août 2009, supplément sur la mémoire

“C’est le décalage entre la chose et l’idée de la chose qui créé le mouvement.”

Clémence Gandillot, Le t de n-1

“Le vide, ce n’est pas l’absence de chose, c’est l’absence de lien entre les choses.”

Clémence Gandillot, De l’origine des mathématiques

“Comme on cherche, on voit depuis son prisme et ça fait des coïncidences.”

Clémence Gandillot, Interview sur la médote

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