L’Entorse et la règle est une forme hybride entre spectacle et expérience participative. Imaginons un institut de recherche pataphysique qui abriterait une vaste installation, une grande collection d’objets, de choses, qui ne demandent qu’à parler d’elles-mêmes de notre rapport aux règles, aux lois, à l’ordre, aux limites, à la norme capillaire, à la mesure et à la démesure. Et dans lequel les spectateur·rice·s viennent assister à des formes spectaculaires, mais aussi pratiquer, inventer, chanter… Que se passe-t-il lorsque nous secouons l’ordre des choses ? Et si nous empruntions ensemble les chemins d’invention d’une démocratie participative ?
Un projet du Groupe n+1
Mickaël Chouquet, Balthazar Daninos, Céline Diez, Christophe Havard
Une production du Groupe n+1.
Coproduction : Université de Tours · Anis Gras – Le Lieu de l’autre (94) · Bords de Scènes – Scène conventionnée d’intérêt national de Juvisy-sur-Orge (91) · Vélo Théâtre – Scène conventionnée à Apt
Soutiens : DRAC Centre-Val de Loire · Sciences avec et pour la société (SAPS) · Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) · Lycées Monnet (Juvisy), Nadar (Draveil), Pagnol (Athis-Mons) · Hôpital d’Apt · DRAC PACA – Culture et santé · Centre pénitentiaire du Sud francilien · SPIP
Nous, Groupe n+1,
Mickaël Chouquet, Balthazar Daninos, Céline Diez, et Christophe Havard, pensons qu’il y a un enjeu aujourd’hui à travailler autour de questions relatives aux normes, aux règles, aux lois, aux entorses à la règle, à la transgression…
Les règles qui régissent notre monde, et leur organisation soulèvent certains problèmes auxquels nous voulons répondre, et c’est dans cette perspective que nous avons ouvert l’Institut de L’Entorse et la règle, lieu de recherches et d’actions collaboratives.
Le principe de l’Institut est de mettre la société civile, le monde de la recherche, et le public, au centre du processus, et du spectacle, et de les faire participer à la réflexion et à l’expérimentation.
Au cœur de notre boîte à outils, le discret mais néanmoins fameux « pas de côté » que nous utilisons sans retenue, et qui nous permet, par le jeu, de déplacer les questions brûlantes que chacun.e se pose vers la fantaisie et l’imaginaire, de déplacer les regards, et d’entrer dans un mouvement de création partagée.
« L’autonomie c’est le fait que des individus, une collectivité, réfléchissent et délibèrent autour des lois, des règles et des normes qui régissent leur fonctionnement, et décident en pleine conscience des règles qu’ils veulent se donner ».
→ Cornelius Castoriadis


Ce projet s’inscrit dans la continuité d’un cycle de recherche consacré à l’Action. Après avoir exploré ce qui nous empêche d’agir, et constaté que la peur est un des grands inhibiteurs de l’action, nous avons créé l’École du risque.
Ensuite, nous nous sommes intéressés à ce qui rend l’action vivante, contrairement à tout ce qui aujourd’hui est délétère et menace la vie sur terre, et nous avons fabriqué le Journal d’une exploration sonore et les Banquets. Et, en nous penchant sur la dimension collective de l’action nous nous sommes confrontés à un paradoxe :
Pour agir ensemble, il faut des règles.
Mais ces règles peuvent :
→ empêcher l’action,
→ transformer notre action, qui oublie son but initial pour répondre aux exigences des règles qui l’encadrent.
Dès lors, une question s’impose :
→ Comment concilier la nécessité de se donner des règles — pour agir ensemble — et celle de préserver une liberté d’action et d’invention ?
C’est dans cet espace — entre nécessité et transgression — que se déploie L’Entorse et la règle.
La création s’appuie sur un processus au long cours, mêlant résidences, enquêtes de terrain et expérimentations collectives.
Le travail se développe à la fois :
→ entre les membres du Groupe n+1, à travers différents modes d’écriture (scénographique, sonore, plastique, biographique),
→ et avec des publics et partenaires variés, dans des contextes déterminés (chercheur·ses, lycéen·nes, patient·es, personnes détenues…).
Nous avons, par exemple, été en résidence sur des temps longs à l’Université de Tours auprès de chercheur.ses en droit, avec le Théâtre de La Halle Roublot auprès d’élèves de 1ère pour travailler autour du concept de déviance sur leur territoire, à l’hôpital à Apt auprès de patient.es, au centre de détention de Réau, auprès de femmes détenues. Et nous travaillerons en 2026-2027 avec plus de 150 lycéen.nes à Juvisy.
Chaque contexte devient un terrain d’expérience, où se fabriquent des situations, des formes, des récits. Autant de matériaux qui viennent nourrir la création.


Pour en savoir plus sur les formes de l’Entorse et la règle,
la liste des départements de l’Institut,
les informations techniques…
→ À partir de maintenant, accrochez vous !
L’Entorse et la règle est un événement spectaculaire à géométrie variable, conçu comme une immersion au sein de l’Institut. Selon les contextes, il se compose de plusieurs modules autonomes et complémentaires, qui peuvent se combiner différemment au sein d’un même moment spectaculaire ou d’un même temps fort.
L’ensemble se déploie au sein d’une installation scénographique modulable : l’Institut, sa collection et ses départements, activés par les spectateur·rices eux-mêmes.
Les formes de L’Entorse et la règle :
→ S — Les Solis : formes courtes, mobiles,
jouables hors-les-murs
→ V — La Visite guidée participative de l’Institut
→ E — L’Expérience située, construite avec le territoire
→ R — La Rencontre avec un·e chercheur·se invité·e
→ A — Les Ateliers collectifs
→ J — Le Jeu de création partagée, final
→ 2024-2025
Résidence au Théâtre de la Halle Roublot, au Vélo Théâtre, et à l’Université de Tours (chercheur·ses en droit, littérature, urbanisme, géographie). Vingtaine d’entretiens enregistrés, ateliers collectifs, collecte d’objets, courtes pièces musicales et théâtrales, courts-métrages. Première présentation publique du chantier à Tours en fin de saison.
→ 2025-2026
Résidences avec patients en addictologie (hôpital d’Apt), femmes détenues (Centre de détention de Réau, 77), lycéens (THR, Vincennes 94). Ces expériences constituent les terrains d’un projet de recherche en sociologie porté par le Centre Maurice Halbwachs (CNRS / PSL / EHESS).
→ 2026-2027
Ateliers de recherche et de création dans 6 classes de lycées à Juvisy, Draveil et Athis-Mons, avec les Bords de Scènes.
→ 2027-2028
Temps d’écriture, de répétitions et de représentations :
Anis Gras – Le Lieu de l’autre (Arcueil), Bords de Scènes (Juvisy). Autres lieux en cours de discussion : CDN de Normandie–Rouen, Atelier du Plateau (Paris), La Nef (Pantin), PIVO – SCIN Val d’Oise, Théâtre de la Halle Roublot (Fontenay-sous-Bois), GMEM (Marseille), Le Milieu (Sault).