LE CONCILE D’AMOUR

Le concile d’amour, tragédie céleste, est la mise en scène blasphématoire de l’assemblée de Dieu – vieillard amnésique et cacochyme –, de Marie – érotomane rouée –, du Christ – poitrinaire demeuré –, convoquée au Ciel pour statuer sur le châtiment que mérite la dépravation des hommes. À court d’idées, ils font appel au Diable, seul à même d’inventer la terrible punition… Notre concile d’amour est une adaptation de la pièce d’Oscar Panizza pour 8 interprètes : une mezzo-soprano, un baryton, un comédien percussionniste, trois instrumentistes (guitare électrique, trombone, violon), deux comédiens manipulateurs.

VignetteConcile

Le concile d’amour a été créé en novembre 2009 à Angers – Nantes Opéra.

Dossier du spectacle

Équipe

Le concile d’amour
Opéra pour voix, instruments, marionnettes et machineries

D’après Oscar Panizza
traduit par Jean Bréjoux

Un spectacle de Jean-Pierre Larroche, Michel Musseau, Frédéric Révérend

Musique : Michel Musseau
Scénographie et mise en scène : Jean-Pierre Larroche
Dramaturgie : Frédéric Révérend
Costumes : Marguerite Bordat
Assistant à la mise en scène : Balthazar Daninos
Collaboration à la scénographie : Pascale Hanrot
Chef de chant : Christophe Magnien
Lumière : Jean-Yves Courcoux
Son : Matthieu Parmentier

Avec sur scène :
François Bedel : Diable et percussions
Frédéric Caton : Dieu
Mickaël Chouquet : Jésus
Julien Desprez : Guitare électrique
Anaïs Durin : la Femme
François Fauvel : Manipulateur et régisseur général
Fidel Fourneyron : Trombone
Rebecca Gormezano : Violon
Dalila Khatir : Marie

Les voix de : Elise Caron, François Chattot et le Chœur d’Angers Nantes Opéra, direction Xavier Ribes

Construction : Juliette Belliard, Martin Gautron, Véronique Genet, Jean Pierre Larroche, Eric Patin, Xavier Tiret, les ateliers d’Angers Nantes Opéra et Julie Bardeau, Elsa Belenguier, Julie Boillot, Sabine Courbiere, Chloé Dumas, Aude Gauthier, Laura Krompholtz, Arthur Michel, Federica Mugnai
Réalisation des costumes : l’atelier d’Angers Nantes Opéra

Production – diffusion : Géraldine Buon de Bazelaire

Partenaires

Coproduction Angers Nantes Opéra, Compagnie Les Ateliers du Spectacle, Théâtre de Cornouaille- Centre de création musicale- Scène Nationale de Quimper, Massalia- Théatre de marionnettes.

Avec le soutien : de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile de France – Ministère de la culture et de la communication, du Fonds de création lyrique et de la Spedidam.

Remerciements à : l’Arcal – Compagnie nationale de théâtre lyrique et musical, Anis gras – Le lieu de l’autre, Gare au Théâtre et la Mairie d’Augerville-la-Rivière.

logo-jpl

site de Jean-Pierre Larroche

Revue de presse

Classica - 01 décembre 2009

QUAND DIEU BAISSE LES BRAS UN THÉÂTRE MUSICAL MAGISTRAL

On n’a que trop peu l’occasion d’apprécier une création scénique réussie pour ne pas affirmer toute la force du Concile d’amour créé à Angers Nantes Opéra – et qui bénéficie heureusement de reprises jusqu’en mai.

D’abord le texte, célèbre, d’Oscar Panizza publié en 1895. Sulfureux, interdit car blasphématoire, salué par les surréalistes pour son délire et sa charge poétique. Dépassés par la barbarie des hommes, Dieu, Marie et le Christ font appel au Diable pour les raisonner, voire les sauver…. « Vous êtes un homme qui pense trop ! » lui dit Marie. Le Diable trouvera une solution au cours d’un monologue d’anthologie, car désormais, dans ce monde chaotique, il demeure seul fasciné par la Création au point d’en devenir humaniste.

Adapté par Frédéric Révérend, Le Concile est devenu, grâce à Michel Musseau (compositeur) et Jean-Pierre Larroche (mise en scène), un formidable théâtre musical pour trois chanteurs, deux comédiens (dont l’un est percussionniste – exceptionnel François Bedel en Diable), quatre instrumentistes, deux voix et un chœur enregistrés. Habitué jusque-là aux petites formes, aux côtés de Luc Ferrari et de la chanteuse Elise Caron, le musicien transcende le genre avec une partition subtile où le trombone, le violon et la guitare électrique créent un paysage baroque et enchanteur, peuplé de marionnettes, de machineries savantes et d’objets animés – dont une furie de sexes qui parlent !

Loin de trahir ou d’affadir la puissance allégorique de Panizza, l’opéra en concrétise les visions insensées, à la fois tendres et brutales. Un spectacle inoubliable.

La Croix - 24 novembre 2009

À GRENOBLE, DES 38e RUGISSANTS ICONOCLASTES MARQUENT LA SAISON AUTOMNALE Bruno Serrou

(…) Spectacle « déjanté » lui aussi, signé Michel Musseau (né en 1948) avec la collaboration de Jean-Pierre Larroche et Frédéric Révérend, Le Concile d’amour, créé à l’Opéra de Nantes, est repris par les 38e Rugissants ce 24 novembre. Cet « objet » inclassable est adapté de la Tragédie céleste iconoclaste et blasphématoire d’Oscar Panizza. On y rencontre Dieu représenté comme un Etre épuisé par l’humanité, au côté d’un Jésus doucement dérangé et d’un Marie évaporée. Entourés des archanges, d’une foule d’anges et des apôtres, ils décident de devenir des hommes d’Eglise en convoquant un Diable embarrassé face à leur demande inouïe : punir par une maladie honteuse les ecclésiastiques libidineux de la Rome du Pape Borgia. Sur scène, trois chanteurs, quatre instrumentistes à l’alliage improbable (violon, guitare électrique, trombone baryton et percussion), un chœur enregistré, des figurants jouant la comédie, des musiciens acteurs et des comédiens manipulateurs de marionnettes… Plus théâtre qu’opéra, ce « happening » s’avère souvent trivial et somme toute assez drôle. Pas très catholique mais efficace, cet indescriptible bric-à-brac balade le spectateur de surprise en surprise.

France Musiques - Les Lundis de la contemporaine - 23 novembre 2009

C’est une œuvre éminemment contemporaine dans sa façon de jouer avec les taxinomies. D’ailleurs le compositeur Michel Musseau cosigne l’œuvre avec le metteur en scène et scénographe Jean-Pierre Larroche et le librettiste Frédéric Révérend ; c’est une manière de montrer à quel point les processus d’écriture, composition et mise en scène ont été imbriqués. C’est d’ailleurs une fusion des catégories que l’on retrouve dans l’écriture musicale où la guitare électrique côtoie trois instruments : le violon, le trombone baryton et les percussions.

Pour Michel Musseau l’opéra c’est avant tout du théâtre et il est parti vraiment de ce texte.

Pièce sulfureuse d’Oskar Panizza plusieurs fois en butte à la censure, emprisonné même, en raison de ses pamphlets fortement hostiles à l’église catholique. Là en l’occurrence il s’agit de la Sainte Trinité qui se réunit pour convenir d’une punition à appliquer aux hommes en raison de leur dépravation. Une sainte Trinité fatigué et c’est finalement du Diable, un diable étonnamment humain, que va venir la solution. C’est une pièce aussi avec plus de deux cents personnages, figurés ici par des marionnettes entassées sur le plateau.

Je trouve que le trio d’artistes qui signe cette œuvre s’est très bien tiré de cette transposition, au moyen notamment d’une très belle scénographie – il y a tout un aréopage de machines à la Tinguely qui sont très oniriques et qui créent sur le plateau une très belle animation. Il y a même des marionnettes puisque tout l’acte II est interprété par des marionnettes. Ça crée un plateau toujours en mouvement, par la grâce aussi d’interprètes qui sont très polyvalents, les instrumentistes sont aussi bien acteurs que comédiens, et chanteurs même ; en quoi d’ailleurs ce spectacle se rapproche du théâtre musical.

Il y a juste une petite rupture de rythme à la fin avec deux monologues du diable qui sont forts beaux mais qui cassent un peu cette belle animation. Au final je trouve que c’est un spectacle très beau, fort peu banal, qu’il doit beaucoup à la musique de Michel Musseau, qui a travaillé aussi pour la danse, à la Muse en Circuit avec Luc Ferrari, qui a écrit des chansons. Et là son interprétation tire magnifiquement profit de l’éventail de timbres à sa disposition.

David Sanson

Concertclassic.com - 10 novembre 2009

LE DIABLE EST DANS LES DÉTAILS Jean-Charles Hoffelé

Ce Concile d’amour, texte mythique d’Oskar Panizza qui ravissait André Breton, peut-il être un opéra ? Et qu’est l’opéra aujourd’hui ? Implicitement le spectacle de Jean-Pierre Larroche et de Frédéric Révérend pose ces deux questions, non que les créateurs de cette étonnante adaptation aient voulu révolutionner quoi que ce soit au genre.

Ils l’ont simplement mêlé avec l’esprit des théâtres de foire – la cour des Borgia, déjantée, est confiée à un sommaire mais efficace théâtre de marionnettes, où même les attributs sexuels paraissent (féroce vagin, désopilant pénis qui va jusqu’à son hystérique jouissance) – et celui d’un certain cabaret où se mêlent dérision et charge. C’est là que l’œuvre grince, que sa démesure et sa folie se recentrent, créant un discours fort dont le blasphème est comme l’emblème. Mais y-a-t-il blasphème puisque le Pape blasphème, se manipulant à l’évocation des martyrs? Si l’église blasphème, alors le blasphème perd son sens.

Un Christ anémique et bredouillant, angoissé par le repas pascal (Mickaël Chouquet), une Marie décidément pleine de grâce jusque dans son ton domestique (Dalila Khatir), un Dieu roupillant et oublieux (Frédéric Caton), un Diable percussionniste qui parle et joue de ses terribles machines en ponctuateur impénitent, font une famille décidément surprenante, pesant le mal et le mal, affinant leur justice jusqu’à ce que le Boiteux concocte la syphilis. Les Borgia n’en méritaient pas moins, et l’humanité entière paiera.

Les totems de la Sainte famille sont beau comme des poèmes, surtout celui de Dieu, mécanique d’horloge fulminante où Calder et Cocteau se télescopent, les arbres à anges du Paradis avouent tranquillement leur savant bricolage, et c’est d’abord par cet art de la débrouille que le spectacle saisit. Sur tout cela Michel Musseau a mis une singulière musique d’ameublement : un violon souvent nostalgique et assez Mitteleuropa, un trombone basse débonnaire, une guitare électrique maléfique où les enfers se glissent avec à propos, un chœur.

Les montreurs de marionnettes y joignent leur borborismes et leurs onomatopées. On n’est pas près d’oublier la cour des Borgia, ni le concile lui même, avec cet apparition minimaliste et désopilante de l’Esprit Saint et avec Dieu et Marie en majesté sur leurs nuées, comme échappés d’un Vouet. Quand au Christ qui se retourne sur sa croix, signe absolu du dégoût et du désespoir, il pourrait bien être Oskar Panizza lui-même. Espérons que ceux qui ont découvert la pièce grâce à cette proposition pertinente chercheront le texte complet. L’Opéra sert aussi à découvrir des œuvres théâtrales : voyez comment Mozart a répandu sur toute l’Europe l’esprit de Beaumarchais…

webthea.com - 09 novembre 2009

L’IRRÉVÉRENCE BLASPHÉMATOIRE DE PANIZZA MISE EN MUSIQUE ET EN MARIONNETTES

De la bouffonnerie théâtrale à la bouffonnerie musicale le passage est toujours risqué. S’agissant d’une bouffonnerie blasphématoire qui piétine les dogmes des saintes églises, l’exercice devient carrément périlleux. A Nantes, le compositeur Michel Musseau, épaulé par le metteur en scène Jean-Pierre Larroche a fait appel aux marionnettes, ces êtres papier et de chiffons venus d’ailleurs, pour mettre en images et en sons le Concile d’Amour d’Oskar Panizza (1853-1921). Ce pamphlet antireligieux aux effluves de souffre valut un procès suivi d’un an de prison ferme à son auteur, puis une suite de déboires que la folie qu’il soignait d’abord en qualité de médecin finisse par le rattraper et l’enfermer durant les 15 dernières années de sa vie. Longtemps, l’irrévérence absolue d’Oskar Panizza fut mise à l’index de tous les biens pensants. Né en Bavière d’un père d’origine italienne et fervent catholique et d’une mère d’origine française intransigeante huguenote, il fut nourri dès ses premières tétées par l’antagonisme opposant les deux religions. Libre penseur viscéral, d’esprit et d’âme, érudit ayant sondé les arts, la musique, le commerce, la littérature, Panizza commit l’insupportable péché d’intelligence de trop comprendre. Il rua si bien dans les brancards des idées reçues, des croyances fabriquées, des dogmes inculqués qu’il fallut près d’un demi siècle après sa triste mort dans un asile pour que son œuvre soit enfin exhumée. A Paris, en 1960 Jean-Jacques Pauvert, éditeur d’esprit libre lui aussi, publia la traduction française par Jean Bréjoux de son Concile d’Amour qu’André Breton agrémentait d’une préface admirative. Neuf ans plus tard, au Théâtre de Paris, le metteur en scène argentin Jorge Lavelli en révéla le contenu explosif dans une mise en scène restée inégalée tant par sa force bateleuse que par le grotesque poétique des décors et costumes de Léonor Fini.
Un regard trempé à l’acide de la vis comica
Concile des dieux, amour des hommes : le Bien et le Mal s’y tendent la main dans une ronde entre paradis et enfer dont les hôtes assermentés font les frais d’un regard trempé à l’acide de la vis comica. Dieu le père, vieillard cacochyme au corps en débris et à l’esprit fumeux, apprend par un messager céleste que sur terre, son représentant, le pape, se livre à d’innommables orgies. Nous sommes en 1495, le pape en question s’appelle Alexandre VI, né Rodrigo Borgia, père de neuf enfants sans autre légitimité que son plaisir, dont cette Lucrèce qui fera beaucoup parler d’elle. A bout de souffle et d’inspiration il appelle à la rescousse Marie, un rien nymphomane, un rien mythomane (je me salue Marie… annonce-t-elle), Jésus, ravagé par l’ennui infini de ses souffrances, le Saint Esprit et les anges pour trouver le moyen ad hoc de punir la racaille sans pour autant l’éliminer. Incapables de trouver la solution ils font appel à leur vieux copain le Diable, lui aussi catarrheux et de mauvais poil, qui finit par trouver le remède miracle : un truc qui jaillit du sexe en même temps que le plaisir, qui fait mal, qui tue mais n’extermine pas. Ainsi serait née la syphilis ! Après avoir passé en revue les héroïnes et hétaïres terrestres, le Diable, choisit Salomé, l’adopte et l’expédie sur terre pour répandre, en beauté, le mal supposé rédempteur.
Des instruments qui soulignent, grimacent, commentent…
Une guitare électrique, un trombone basse, un violon, quelques percussions et le chœur des anges enregistré pour peupler ce drôle de paradis qui navigue au-delà du globe terrestre : le décor sonore de Michel Musseau s’élabore autour d’une sorte de principe d’humour minimaliste. Compositeur touche-à-tout, il aime aborder les genres les plus divers, les musiques d’aujourd’hui conçues aux côtés d’un Luc Ferrari, les musiques de danse, de théâtre et de films sans oublier la chanson qu’il interprète lui-même en solo…Ici les instruments soulignent, grimacent, commentent en recul par rapport à l’action et aux images. Les premièrs tableaux et leur ballet d’ailes frémissantes, sont tout à fait réjouissants, drolatiques et poétiques. Mais d’acte en acte – il y en a 5 en 1h30 de spectacle – avec leurs interruptions longuettes pour les changements de décors – ils perdent peu à peu leur saveur. La scénographie de Jean-Pierre Larroche ne manque pas de trouvailles : l’horloge de Dieu le père, le poste de TSF volant qui figure le messager ailé, le Saint Esprit qui dégringole des cintres en forme de pancarte, les petits pantins représentant le pape et sa cour ou se transformant en désopilants phallus carnivores…
Aléas des premières ou manque de coordination technique ? Les textes, à l’exception de ceux de Marie chantés par la ronde et malicieuse Dalila Khatir, étaient peu audibles. Les voix de Frédéric Caton/Dieu le père, de Michaël Chouquet/Jésus et même celle du Diable percussionniste de François Bedel se perdaient souvent dans les limbes des chuchotis. Une sonorisation légère, des surtitrages auraient sans doute rendu plus accessible les mots et les idées qu’ils véhiculent, sésames indispensables pour entrer dans le cœur de cette sacrilège et saine protestation.
Autour des salutaires et dérangeantes questions qu’elles posent, une série de discussions et tables rondes sont organisées à Nantes et à Angers, autour des thèmes de santé et de religion, de disputes philosophiques, du sacré, des blasphèmes, du Mal et de sa beauté.

La Lettre du Musicien - 08 novembre 2009

CRÉATION À NANTES DU CONCILE D’AMOUR David Sanson

Un opéra, ce Concile d’amour, adapté de la pièce fleuve (elle convoque plus de 200 personnages, dont des tas de marionnettes figurent ici le souvenir) et subversive écrite en 1894 par l’allemand Oskar Panizza ? On devrait plutôt parler de « spectacle musical » à propos d’un ouvrage où les processus de composition (Michel Musseau), d’écriture (Frédéric Révérend), de mise en scène et scénographie (Jean-Pierre Larroche) ont été étroitement intriqués et dans lequel les (beaux) passages chantés sont finalement minoritaires.

Conçu « pour voix, instruments, marionnettes et machineries », Le Concile d’amour réunit d’ailleurs des interprètes rompus à la pluridisciplinarité : souvent à la fois instrumentistes, acteurs et chanteurs (parmi lesquels Frédéric Caton et Dalila Khatir), ils créent une belle animation sur le plateau du théâtre Graslin, lui-même superbement mis en espace. Un aréopage de machineries fascinantes, tout comme cet acte II entièrement interprété par des marionnettes, traduit bien la dimension à la fois onirique et grotesque de cette farce mettant en scène la rencontre entre une Sainte Trinité singulièrement fatiguée et un Diable étonnamment humain, réunis pour statuer sur le châtiment que mérite la dépravation des hommes. Malgré une petite baisse de rythme à la fin (deux beaux mais longs monologues), voilà un « opéra » singulièrement rafraîchissant.

La partition de Michel Musseau, pour violon, trombone, percussion et guitare électrique (auxquels s’ajoutent parfois des sons électroacoustiques), y est pour beaucoup : elle fascine par sa capacité à tirer parti de toutes les ressources du quatuor d’instrumentistes pour servir le texte avec discrétion et raffinement.

Ouest France - 07 novembre 2009

LE CONCILE D’AMOUR : DIABOLIQUE ! Yves Aumont

Assurément, il y en aura pour crier au scandale au final de la représentation ou dénigrer à voix feutrées dans les salons. L’objet du délit ? Un pamphlet déjà jugé scandaleux en 1895 qui mena illico-presto son auteur, Oskar Panizza derrière les barreaux. Pas étonnant : Le Concile d’amour est une charge qui ne ménage, ni le ciel, ni la papauté, ni même le genre humain. Revisité en un opéra pour voix (simple récitatif), guitare électrique, trombone, violons, percussions et donné à Nantes en création mondiale avant Angers puis Quimper, le propos n’a rien perdu de sa violence pernicieuse (on y voit la sainte trinité pactiser avec le malin pour punir les hommes et le clergé dépravés).

Mais on aurait tort de réduire cette « tragédie céleste » à une simple provocation : la damnation prononcée par un diable inquiétant (François Bedel, remarquable) emporte le final dans un tout autre registre. Quand à la mise en scène, elle mêle judicieusement : une mécanique à la Tinguely, une imagerie à la Rubens, la violence du Grand Guignol au castelet…. Ça décoiffe, même si les voix sont parfois en deçà !

Classic News - 04 novembre 2009

HUMANISME RÉVOLTÉ Alexandre Pham

C’est un vrai défi théâtral que relève Angers Nantes Opéra: l’entreprise part d’un texte « injouable » qui ainsi, en novembre 2009 sait se  glisser dans une mise en forme scénique et musicale. On sait à présent avec quelle exigence (et conscience) le directeur d’ANO (Angers Nantes Opéra), Jean-Paul Davois, aime se confronter aux sujets inédits et trouver, fruit heureux des rencontres, les interprètes et les auteurs capables d’en transmettre sur la scène, la vérité comme la violence. Ce Concile d’amour comme le fut Le vase de Parfum (autre création à mettre au bénéfice de ses choix artistiques) est une réussite exemplaire car en plus de la virulence engagée du texte, l’équipe constituée sait nous en offrir une concrétisation théâtrale et lyrique,  mesurée et juste dont l’un des aboutissements (et non le moindre) est de servir le texte: un texte chanté, parlé et joué, à la fois cru et tendre, critique et allégorique… qui renoue naturellement avec ce verbe si touchant et si dérangeant d’Oskar Panizza.

Ne vous fiez pas à la saveur mordante, irrévérencieuse voire scandaleuse de l’auteur (qui fut emprisonné à cause de sa prose si blasphématoire -quoique-, d’autant plus à l’époque où il l’a écrite, à l’extrême fin du XIX ème siècle: le Concile d’amour,Das Liebeskonzil-, a été publié en 1895). De façon surprenante, c’est bien d’amour dont il s’agit. Pas cet amour orgiaque et de débauche dénoncé par l’auteur quand il évoque la cour du pape Alexandre VI Borgia: le texte est inspiré en définitive par l’amour et la tendresse de Panizza pour le genre humain. C’est pour lui et pour le sauver qu’il écrit ce texte déroutant et touchant. C’est un cri certes, plutôt qu’une prière; un hymne désespéré, parfois aigre et acide, souvent ironique et satirique. Au fond, Panizza est un humaniste révolté: en imaginant Dieu, Jésus et Marie, démunis, impuissants face à la barbarie inhumaine des hommes, l’auteur -comme Dieu et le Diable amoureux de leur création-, invente un remède pour sauver les hommes. Ce poison de la syphilis transmis à tous les débauchés de la terre par Salomé, n’est qu’un prétexte. La vraie question est: comment sauver les hommes d’eux-mêmes? Contre les fausses vérités et les dogmes qui l’asservissent… Contre tous les systèmes imposés par les pouvoirs et l’élite corrompue… Le texte va très loin car il nous indique un mode de pensée qui aujourd’hui encore, fait défaut: ne pas être dupe, cultiver une mobilité de pensée qui ne se satisfait d’aucun système, demeurer clairvoyant, servir l’homme pour l’homme…

Tableaux détonants Pas facile ici de porter à la scène et de façon cohérente, ce Dieu céleste dépassé par sa créature, et Marie dialoguant avec le Diable, lui expliquant ce qu’on attend de lui auprès des terriens indignes; pari plus délicat encore que d’oser faire parler Jésus sur la Croix, lui-même délirant, impuissant, soumis…  comme en attente d’un miracle permis par l’imagination diabolique… Et pourtant tout cela est parfaitement visible sur la scène d’Angers Nantes Opéra: dans un dispositif clair et fluide, efficace du début à la fin; où les machineries et les installations, les objets volants et tout un arsenal de statues, trophées, ustensiles et citations symboliques prennent une force visuelle habilement mesurée au diapason d’un texte dont on se délecte, sans temps mort, de la subtilité verte, de l’éloquence juste et aigre. Car le scénographe Jean-Pierre Larroche, dont on sait la forte attraction, délirante et déjantée de son théâtre d’objets, distille de l’humour et de la poésie, huilant les rouages d’une vision amère voire obscène: voyez comment en usant des marionnettes, il parvient dans la drôlerie crue et délirante, à exprimer les dépravations des Borgia, en particulier ce jour de Pâques 1495, quand Alexandre VI paraît, entouré de ses 9 enfants dont Lucrèce Borgia… à l’acte II.

On n’oublie pas non plus ce tableau onirique (celui du second concile du III) où flottent dans les airs, Dieu et Marie autour d’un Christ anéanti, névrosé, expirant, s’asphyxiant même… sur un Croix gigantesque: autant d’images fortes et captivantes qui font la synthèse de siècles de création picturale, des fresques médiévales aux retables baroques voire saint-sulpiciens… Les références sont continûment justes et d’autant plus frappantes.

Plus saisissant encore reste le grand monologue du IV, celui d’un diable soucieux de distiller le remède juste et approprié: un diable finalement très humain qui joue au nouveau créateur mais habité par le souci de la justesse: incroyable portrait qui met là encore le texte de Panizza dans une criante actualité.

Chanteurs, comédiens et instrumentistes sur scène savent se mettre au service du texte et de ses dénonciations multiples. La musique de Michel Musseau enveloppe monologues, dialogues et tirades sans jamais porter atteinte à la force des pointes verbales, taillées au vitriol. La formule est d’autant plus prenante qu’elle est courte (1h20mn pas plus) et intense. Quant à la scénographie de Jean-Pierre Larroche, elle exploite toutes les possibilités (délirantes) d’un spectacle à 9 interprètes (dont 2 chanteurs, 3 acteurs manipulateurs…) : elle nous offre un formidable instant de théâtre avec ses mécanismes hurleurs et détonants, ses assemblages à vif, ses tableaux tour à tour acides, poétiques, déchirants, perturbateurs, son théâtre d’impertinentes marionnettes, son Jésus au bord du malaise, sa Marie émoustillée, son Diable si humain, recréateur fiévreux… et Dieu, tout simplement dépassé. Voici un spectacle libre et fantaisiste, d’une géniale insolence: n’y voir qu’un brûlot anticlérical serait en réduire la portée. Il s’agit d’un théâtre mordant et juste, né d’une pensée en mouvement, porté par un humanisme savoureux et affûté.

Scène engagée A l’heure de la crise et des limites du système capitaliste qui a montré ses terrifiants débordements, à l’heure où partout s’imposent contre l’homme, les dérèglements de nos sociétés dites civilisées:  -pouvoir, pornographie, argent, manipulation, corruption, désinformation-, le texte de Panizza se relève, frappant d’actualité. La production présentée par Angers Nantes Opéra suscite tables rondes et  même « disputes philosophiques » à Nantes et à Angers: les 7, 14 novembre, le 16 décembre sur les thèmes que fait naître le texte d’Oskar Panizza (« De l’influence de la religion sur la santé », »la beauté du mal », « le blasphème et le sacré en question »…). Le spectacle rayonne ensuite après les représentations de Nantes et d’Angers, jusqu’en mai 2010. Il offre une bien belle revanche au poète visionnaire Oskar Panizza. Merci à Jean-Paul Davois, lecteur précoce de l’auteur, de nous offrir ainsi cette prose criante de vérité, touchante par son humanisme militant. Création mondiale majeure.

à propos du concile d’amour

L’enfance est déjà une suite de désastres. Oscar Panizza a deux ans quand son père, hôtelier bigot d’origine italienne meurt. Il avait prévu d’élever son fils dans la religion catholique mais la mère, huguenote d’origine française, une fois veuve, l’imagina futur pasteur. L’enfant fait l’objet de batailles juridiques et religieuses inimaginables de nos jours; la mère l’emporte. «Sursaturé» de la religion piétiste protestante du XIX ème, il étudiera la musique, le commerce, la médecine.

Bientôt assistant dans l’asile d’aliénés de Munich où il sera interné plus tard ! Une sorte d’avance sur héritage va lui permettre de se consacrer à la poésie et à une écriture d’une grande érudition, dans un allemand traversé de gallicismes. Le Concile d’amour a valu à son auteur maudit, Oscar Panizza (1853-1921), un procès, un an de prison, l’abandon de ses amis. Un début de démence. Cette pièce ne sera jouée qu’en 1969, en France !

Le Concile d’amour, tragédie céleste, est la mise en scène blasphématoire de l’assemblée de Dieu – vieillard amnésique et cacochyme, de Marie – érotomane rouée, du Christ – poitrinaire demeuré, convoquée au Ciel pour statuer sur le châtiment que mérite la dépravation des hommes. À court d’idées, ils font appel au Diable, seul à même d’inventer la terrible punition …

Le Concile d’amour est une œuvre « irréalisable » sur scène parce qu’elle est excessive, énorme, bavarde, parce qu’elle convoque des dizaines de personnages, figures subtiles et caricaturales. (46 principaux dont Dieu le Père, Marie, Jésus, le Diable et une centaine de figurants dont le Saint Esprit, quelques archanges, amours, Marie-Madeleine, des martyrs, les ombres des morts…), des décors de péplums…C’est une œuvre irréalisable avec les outils « classiques» du théâtre mais nous la réaliserons avec nos outils musicaux et scéniques ! Écrire un opéra à partir du Concile d’Amour suppose l’adaptation. L’auteur est iconoclaste, nous le serons avec lui : il autorise et requiert des ellipses et des coupes.

Cette pièce est un chef d’œuvre de la littérature satirique, burlesque et tragique. C’est une pièce allégorique, excentrique, écrite en réaction à l’autorité et à la pensée autoritaire, la censure et l’autocensure. Elle dénonce le pouvoir de l’Église, souligne l’absurdité de ses dogmes, dénie la faute originelle. Son écriture est souvent débridée, dévastatrice. Oscar Panizza y a «fourré» toute son immense culture du XVIe italien étudiée pour objectiver peut-être la haine huguenote et maternelle qui a déchiré son enfance, c’est un hurlement désordonné et féroce, déséquilibré comme son auteur. Notre projet n’est pas d’abord musical, ou visuel ou théâtral, il articule véritablement les trois domaines sans en mettre un au premier plan. Les écritures musicale et scénique s’élaborent ensemble pour inventer une forme opératique, un théâtre musical, cinématographique et radiophonique.

À la multiplicité des plans et des échelles de regard, à la circulation et la mobilité des points de vue, répondent les variations de plans sonores de l’ensemble instrumental et des chanteurs, par leurs déplacements en acoustique naturelle, en proximité et dans l’éloignement, par la sonorisation, la diffusion en plan large ou en plan réduit.

Notre Concile ; nous le rêvons tranché, éclaté, grotesque, râpeux, chantant, ironique, brut, malin comme le diable, roué comme la Vierge Marie, multiple et saturé comme la guitare électrique, tragique et violent comme la fureur de Panizza…

Jean Pierre Larroche – Michel Musseau

CONCILE ? AMOUR ?

L’Amour est le grand mot qui clôt toutes les bouches. On en trafique depuis des siècles. Dans cette pièce, Dieu apparaît en chef d’entreprise vieillissant, confronté à une crise de la foi, ne sachant plus comment relancer un système fondé sur la consommation du corps de son fils, et dans lequel, pour maintenir la demande, le péché est nécessaire.

Dieu réunit donc un concile céleste composé de lui-même, du Christ et surtout de la Vierge Marie. Malheureusement, incapables de faire face à la dépravation humaine et à la baisse de la contrition, ils doivent se résoudre à faire appel au Diable. Ce dernier, éternel refoulé du banquet divin, espérant follement un semblant de reconnaissance, invente une maladie nouvelle, destinée à sauver l’économie céleste et contrôler l’humanité. L’univers dans lequel se déploie cette rêverie de Panizza transcende les catégories du bien et du mal. Oui, le pape Borgia qu’il évoque, séducteur esthète, préfère, à l’hostie, des pâtisseries plus délectables, et, au crime sanglant, la discrétion du poison. Le temps de la Renaissance, comme notre Modernité, a cru au progrès, à la beauté, à l’amour. On y évangélisait les sauvages, de force, mais pour leur bien, tout comme le fait notre actuelle foi en la Liberté, avec ses valeurs de croissance et de concurrence. Les gens persuadés d’être des gens de bien ne sont-ils pas pires que le Diable ? Le projet de Panizza est plus ambitieux et complexe qu’il n’y paraît. Le conflit intime de son enfance, celui de ses parents, de confessions opposées, fait résonner en lui une controverse fondamentale entre le monde protestant et le monde catholique. Pour tenter de la résumer disons que pour le protestant, le nom d’Adam signifie la boue que Dieu à sculpté, et qu’il ne sera jamais – tant que la Grâce n’y souffle pas – que du mal, façonné à l’image de Dieu. Le catholique, au contraire pense que l’homme est du divin perverti qui peut et doit se purifier. Il y a aussi une tentative passionnante de faire se rejoindre l’Histoire la plus documentée avec l’allégorie la plus libre. Nous ne pourrons pas suivre tous ces chemins. D’autres réalités de l’œuvre nous interpellent : son foisonnement, sa désespérance, son rire. Nous chercherons des réponses dans le désincarné et l’incarné, le vivant et l’inerte, le cri des hommes et la musique des sphères.

Frédéric Révérend

Conversation

Jean-Pierre Larroche : Est-ce qu’on peut entendre le Mal en musique ?

Michel Musseau : Oui. A certaines époques le Mal pouvait s’exprimer en transgressant les règles harmoniques et mélodiques, il suffisait d’utiliser certains intervalles interdits pour qu’apparaisse le méchant, que l’on devine les mauvaises intentions, que l’on ait peur…C’était très codé dans la musique médiévale et plus tard dans l’harmonie tonale. JP.L : Et maintenant ? M.M : À partir du 20e siècle, l’oreille s’est peu à peu habituée à tout entendre. Le mal en musique peut se faire entendre par des sons violents, stridents, par des accords dissonants, mais aussi par contraste, oppositions de timbres, d’intensités, par polytonalités, par toutes sortes de nuances raffinées, d’effets sonores inattendus. Dans l’opéra, basé sur le langage du livret, la musique a le pouvoir de pervertir le sens des mots, exprimer un Mal en douceur, un Mal caché, un Mal qui se dévoile petit à petit… JP.L : Que penses-tu du Diable ? M.M : Le Diable, nous l’avons inventé, c’est notre part triste à mourir. C’est l’instinct de mort en nous, indéboulonnable. Si le Diable est l’incarnation de la mélancolie, sa boiterie en témoigne. Le Diable, par sa boiterie est déséquilibré, oblique. Le Diable c’est la pensée libre, le Mal inévitable et connu. Il représente notre part d’inventivité, de nos intuitions, de notre vérité. Il est l’adulte qui est resté lié à l’enfance, en cela il est un artiste. Chez Panizza, le diable est lucide. Il connaît la vérité, fait son travail en professionnel, il est franc, ne cache rien de ses mauvaises intentions, ses commanditaires sont les plus pervers. JP.L : Alors, trombone, violon, guitare, guitare électrique, est-ce un assemblage diabolique ? M.M : Je ne pense pas qu’il y ait à proprement parler d’instruments diaboliques, mais il peut y avoir une manière diabolique de les faire sonner, de les agencer, de composer, d’associer les instruments entre eux et de leur donner par l’écriture un caractère musical diabolique. Je me souviens que le trombone, dans l’Orféo de Monteverdi, symbolise le monde souterrain des morts, de l’enfer. En ajoutant une guitare électrique saturée, et un violon « râpeux, légèrement désaccordé» je constitue un «continuo» partenaire diabolique idéal, tissage harmonique dans lequel le Diable peut épancher sa mélancolie, la Vierge sa perversité, Dieu son ignorance d’amnésique, Jésus sa platitude niaise. Car il s’agit dans la pièce de Panizza, d’une association de malfaiteurs. JP.L : As-tu l’intention de donner une forme sonore à la débauche sexuelle? M.M : On peut représenter la débauche sexuelle dans la musique à travers de « belles » mélodies, sensuelles, sauvages, allant pour la voix du parler au chanter, dans une forme ouverte, librement harmonisées avec des notes qui s’échappent, des accords indépendants, des timbres vocaux, instrumentaux et électroacoustiques, dans des registres variés et imprévus. Exprimer une liberté musicale, néanmoins écrite, mais donnant la sensation d’être improvisée dans le moment de l’écoute : plaisir de chanter, de jouer sans contrainte. JP.L : Je pense à la façon dont Panizza regarde la cour des Borgia et ses débauches, il en fabrique une représentation un peu lourde et très convenue, il faut bien le dire. Je parle des dialogues surtout. En face, l’imagerie blasphématoire qu’il assemble autour de son panthéon chrétien est autrement plus inspirée ! M.M : Dieu te semble-t-il de bonne foi bien qu’amnésique ? JP.L : C’est un peu paradoxal de parler de la foi de Dieu, non ? C’est peut-être ce qui rend Dieu à tel point impuissant : il se mord la queue – si je puis dire – sans cesse dans ses actions. M.M : Faut-il avoir les moyens de sa bonne foi ? JP.L : La bonne foi s’exprime souvent par faute de moyens. M.M : Comment penses-tu représenter Jésus ? JP.L : Tu parlais de la platitude niaise de Jésus. Je retiens surtout la platitude, passionnante ! C’est tout un programme de représentation (qui s’appuie sur vingt siècles d’antécédents). JP.L : Le Diable, Dieu, Marie, Jésus, ont-ils une seule voix ou plusieurs ? M.M : Dieu, fait du bruit avec son corps, il est vieux, son corps est sonore : grognements, ahanements, ronflements, hoquets, toux, éternuements, « pètements (avec les lèvres) », sifflements, déglutitions, râles, bâillements, reniflements… Le Diable parle d’une voix unique (monodique), dans un registre médium grave, parlé, chanté, parfois légèrement mélodique, accompagné rythmiquement par des percussions métalliques (tôle, chaîne, vis, boulons, roue de bicyclette, enclume… bric à brac tonitruant, à élaborer ensemble) et les instruments (guitare électrique, trombone basse/ténor et violon). Marie, de part sa mauvaise foi, son double langage, est polyphonique. Sa voix se dédouble et les instruments qui l’accompagnent participent du mensonge et sont ailleurs, dans une polytonalité. Jésus, atone, est précédé d’un halo harmonique, extatique et inexpressif. JP.L : Et le Saint Esprit ? M.M : C’est un effet spécial.

Photos du spectacle

Dessins

Vidéos

extrait n°1

extrait n°2

extrait n°3

extrait n°4

extrait n°5

extrait n°6